La religion n'a aucune force

La liberté religieuse au XXIe siècle

Résolution de l'Église des Frères de 1989

Sujet : Comprendre la liberté religieuse dans le contexte de notre foi et de la nation dans laquelle nous vivons : l’utilisation de la liberté religieuse dans l’élaboration des politiques publiques.

Objectif : Énoncer les fondements religieux et historiques de la liberté religieuse :

Afin d'identifier certaines des implications de la liberté religieuse pour notre société

Afin de présenter notre compréhension et notre point de vue sur plusieurs questions d'actualité :

Afin de fournir une position actuelle de l'Église sur certaines questions de politique publique pour lesquelles nous n'avons pas de déclaration récente ou pour lesquelles une nouvelle position révélerait une préoccupation actuelle et urgente.

Décisions antérieures relatives aux conférences annuelles :

Déclaration de 1978 sur la violence et l'utilisation des armes à feu

Déclaration de 1980 sur le temps si urgent

Déclaration de 1982 sur les personnes sans papiers et les réfugiés

Résolution de 1983 sur le logement de l'Église des Frères

Résolution de 1983 relative à l'octroi d'un sanctuaire aux réfugiés latino-américains et haïtiens

Résolution de 1986 sur l'établissement du lien

Résolution de 1987 sur la quête de l'ordre

Déclaration de 1987 sur le génie génétique

Déclaration de 1988 sur les opérations clandestines et la guerre secrète

Résolution de 1988 sur la citoyenneté responsable en année électorale

Déclaration de 1988 sur les objectifs de l'éducation chrétienne (disponible en version imprimée sur BrethrenPress.com )

LA LIBERTÉ RELIGIEUSE AU XXIe SIÈCLE : LA LIBERTÉ RELIGIEUSE

Le premier principe fondamental de la doctrine des Frères. C’est ainsi que l’historien et homme d’État Martin G. Brumbaugh a caractérisé le principe de « non-recours à la force en matière de religion ». Brumbaugh commence son ouvrage * A History of The Brethren * (1899) en soulignant la contribution de cette croyance à la vie des Frères ;

  • opposition à l'obligation d'adhérer à l'Église et au baptême des enfants qui en découle :
  • Opposition à l'obligation de prêter serment. Le serment lui-même est contraire à l'enseignement de Jésus
  • opposition à la guerre en tant qu'ingérence violente dans les droits d'autrui :
  • opposition aux religions d'État, affirmation de la liberté de conscience, allégeance à Dieu supérieure à l'allégeance aux dirigeants :
  • liberté de conviction, et donc absence de persécution.

Si, d'après une telle description du principe fondamental premier, il semblerait que la doctrine des Frères soit fondée sur l'opposition, il faut comprendre que, comme lors de la Réforme protestante, il y a eu des affirmations retentissantes qui ont conduit à l'opposition.

L'histoire de l'Église des Frères est marquée par une réaffirmation constante de la liberté religieuse et du principe de « non-recours à la force en matière de religion », mais aussi par des tensions avec l'État dans la mise en pratique de ses convictions. À l'origine, l'Église est née d'un acte de désobéissance civile. Le baptême des huit membres à Schwarzenau en 1708 était illégal. S'ensuivit une persécution. Les souffrances endurées par les premiers Frères les poussèrent à émigrer aux États-Unis, attirés par la colonie de William Penn et la promesse de liberté religieuse.

La liberté de conscience recherchée par les Frères a souvent été mise à l'épreuve, notamment en matière de guerre. La reconnaissance par le gouvernement de l'objection de conscience à la guerre est le fruit des efforts répétés des Églises pour faire valoir leurs droits auprès du gouvernement. Rufus D. Bowman observait en 1944 : « L'Église ne peut compter sur le gouvernement pour reconnaître pleinement les droits de ceux qui s'opposent à la guerre. Elle doit nécessairement assumer cette responsabilité. Jamais dans l'histoire de l'Église des Frères, le gouvernement n'a pris l'initiative d'assurer une protection adéquate de la liberté de conscience. ».

C’est dans le cadre de notre responsabilité, de notre vigilance, que nous exposons notre conception de la liberté religieuse qui n’a aucune force en matière de religion.

Pour les Frères, la liberté religieuse découle de la conviction qu'il existe une autorité supérieure à l'État. « Il faut obéir à Dieu plutôt qu'aux hommes » (Actes 5.29). « …La puissance infinie appartient à Dieu et non à nous » (2 Corinthiens 4.7). Cette autorité supérieure est Dieu, à qui l'on doit obéir lorsqu'il y a contradiction entre les exigences de l'État et ce que le croyant comprend comme l'enseignement de Jésus-Christ et la direction du Saint-Esprit. Le rôle de l'État étant bien compris, la liberté religieuse n'est pas octroyée par lui, mais reconnue (ou non) par lui. Notre liberté est un don de Dieu. « C'est pour la liberté que Christ nous a affranchis. Tenez donc ferme, et ne vous laissez pas remettre sous le joug de l'esclavage » (Galates 5.1).

Les Écritures nous enseignent la liberté religieuse. Dieu ordonna à Moïse d'aller trouver Pharaon et de le supplier : « Laisse partir mon peuple, afin qu'il célèbre une fête en mon honneur dans le désert » (Exode 5.1). L'Exode est un événement qui témoigne de la liberté religieuse, permettant à Israël de servir Dieu sur le mont Horeb (Exode 3.12). Les prophètes parlèrent au nom de Dieu malgré les menaces qui pesaient sur leur vie : ils revendiquaient et exerçaient leur liberté religieuse, liée à leur droit personnel et à leur politique intérieure et étrangère. Jésus rejeta la tentation du pouvoir politique au prix d'une capitulation spirituelle (Luc 4.1-13). C'était un signe que la vie religieuse ne devait pas être subordonnée aux intérêts politiques. Lorsque les disciples étaient prêts à « faire descendre le feu du ciel et à le consumer » ceux qui ne recevaient pas Jésus, il les réprimanda (Luc 9.51-56). Ni le pouvoir politique ni le pouvoir religieux ne devaient être utilisés pour imposer une religion. La communauté du Nouveau Testament a bénéficié de l'idéal de liberté religieuse prôné par Gamaliel, docteur de la loi et pharisien respecté. D'autres, craignant une menace pour la « vraie » religion, auraient tué les premiers disciples. Gamaliel les exhorta à la prudence : « Laissez-les tranquilles. Car si cette tresse ou cette entreprise vient des hommes, elle échouera ; mais si elle vient de Dieu, vous ne pourrez pas les renverser. Vous pourriez même vous trouver en opposition avec Dieu ! » (Actes 5:38-39). La formule de Gamaliel laissait à l'histoire le soin de juger de la véracité de cette foi.

L'Écriture illustre le besoin de la communauté de foi en matière de liberté religieuse ; l'exercice de cette liberté dans sa propre vie et dans ses relations avec les affaires de l'État ; le respect de la liberté religieuse d'autrui. C'est un enseignement qui prône la non-violence en matière de religion

Une grande partie de la liberté que nous jugeons essentielle à la pratique de notre foi est reconnue par la société civile. Le premier amendement de la Constitution des États-Unis, qui fait partie de notre Déclaration des droits, stipule que « le Congrès ne fera aucune loi concernant l’établissement d’une religion, ni n’en interdisant le libre exercice… ». Ces principes généraux ont bien servi, malgré quelques imperfections, à garantir un pluralisme sain des croyances et des appartenances religieuses. Ils constituent souvent le fondement de nos arguments lorsque nous demandons la reconnaissance spécifique des droits de la liberté de conscience.

La Déclaration universelle des droits de l’homme, adoptée par les Nations Unies en 1948, annonçait dans son préambule l’avènement d’un monde où les êtres humains jouiraient de la liberté d’expression et de croyance… L’article 18 de la Déclaration stipule :

Toute personne a droit à la liberté de pensée, de conscience et de religion ; ce droit comprend la liberté de changer de religion ou de conviction, et la liberté, individuellement ou collectivement, en public ou en privé, de manifester sa religion ou sa conviction par l’enseignement, les pratiques, le culte et l’observance.

Ces droits fondamentaux sont explicités dans la Déclaration des Nations Unies de 1981 sur l'élimination de toutes les formes d'intolérance et de discrimination fondées sur la religion ou les convictions. Tout en établissant le droit des parents à dispenser une éducation religieuse à leurs enfants, cette déclaration affirme que les libertés suivantes sont fondamentales à la liberté de pensée, de conscience et de religion :

  1. Se rassembler et adorer ;
  2. Créer et entretenir des lieux à ces fins;
  3. Créer et maintenir des institutions caritatives, humanitaires et d'action sociale
  4. Produire et posséder les articles nécessaires aux rites et coutumes d'une religion ou d'une croyance :
  5. Rédiger, publier et diffuser des publications pertinentes :
  6. Enseigner les croyances religieuses :
  7. Solliciter et recevoir des contributions financières et autres, à titre volontaire, de la part de particuliers et d'institutions :
  8. Former, nommer, élire ou désigner par succession les dirigeants nécessaires :
  9. Observer les jours de repos et célébrer les fêtes et cérémonies conformément aux préceptes de sa religion ou de ses croyances.
  10. Établir et maintenir des communications avec les individus et les communautés religieuses sur les questions de religion et de croyance aux niveaux national et international.

En matière de liberté religieuse, nous relevons plusieurs points préoccupants à l'heure actuelle.

LIBERTÉ DE CONVICTION

Pour être authentique, la foi doit être un choix libre, sans contrainte ni influence extérieure. La liberté de croire ou de ne pas croire doit être respectée, quelle que soit l'origine de la foi. Cette liberté s'étend à la fois à la communauté des croyants et à chaque croyant individuellement. L'État ne doit pas exiger de chaque membre d'une même communauté religieuse une conformité totale en matière de croyances et de pratiques.

L’État ne devrait intervenir dans les affaires religieuses que lorsqu’il existe un danger clair et imminent pour les droits d’autrui, comme le refus de soins médicaux à un enfant mineur, ou lorsqu’il y a violation de la loi qui menace la vie du croyant ou d’autrui, comme le sacrifice rituel ou les coups portés à des enfants.

L'AUTOGOUVERNANCE DE L'ÉGLISE

L'Église doit être autonome et indépendante. L'État ne doit pas contrôler sa pensée, son culte ni ses activités.

De manière générale, l'Église doit respecter les directives légales qui s'appliquent à la société dans son ensemble. En matière de normes de construction, de réglementation sanitaire, d'égalité d'accès à l'emploi et de rémunération minimale, l'Église doit se conformer aux normes attendues de la société, voire les dépasser. L'emploi étant lié à la réalisation des objectifs de l'organisme religieux, l'Église et les autres organismes religieux doivent être libres d'établir des critères religieux en matière d'emploi.

En cas de litige au sein de l'Église, celle-ci devrait établir ses propres moyens de résolution des conflits, plutôt que de faire appel aux tribunaux civils.

EXONÉRATION D'IMPÔT

Il existe des maximes : « Le pouvoir d'imposer est le pouvoir de contrôler. » « Le pouvoir d'imposer est le pouvoir de détruire. » L'exemption d'impôt est essentielle à la liberté de culte. Imposer les activités religieuses ou les biens liés à des programmes religieux limite l'expression de ces activités ou programmes. Cela revient à imposer un prix profane à un acte religieux. En revanche, il est légitime pour l'État d'imposer les revenus des entreprises et les biens sans lien avec des programmes religieux.

Certains services gouvernementaux facturés à tous les propriétaires peuvent raisonnablement être facturés également aux organismes religieux.

Les dons faits à des organismes religieux devraient bénéficier de déductions fiscales, tant pour les particuliers que pour les entreprises. Une telle déduction reconnaît la contribution de ces organismes à des œuvres caritatives spécifiques et au bien-être général de la nation.

EXPRESSION RELIGIEUSE PUBLIQUE

La parole religieuse doit être entendue en public ; le symbole religieux doit être visible dans l’espace public. Nous croyons que notre foi doit imprégner tous les aspects de la vie, y compris la vie publique. Interdire l’expression religieuse dans la vie publique reviendrait à entraver la liberté de culte. De plus, la religion est un élément important de notre vie en société. Exiger que notre société soit dépourvue de tout symbole et expression publique de religion l’appauvrirait. Nous considérons toutefois l’aumônerie militaire comme une violation de la séparation institutionnelle de l’Église et de l’État que nous défendons, et comme une ingérence de l’État dans la pratique religieuse. Il est essentiel, dans le cadre de cette expression publique, que ce qui est dit et affiché soit librement choisi, sans interdiction ni réglementation gouvernementale. Ainsi, nous approuvons certaines pratiques de notre nation, telles que les prières lors des cérémonies civiques, la présence d’aumôniers au Congrès et la visibilité des symboles religieux sur les marchés. Nous estimons essentiel d’éviter tout soutien public à un organisme religieux particulier et de faire preuve de sensibilité envers les minorités religieuses.

Depuis nos débuts, nous nous opposons aux pratiques religieuses imposées par l'État, telles que la prière ou les prétendus moments de silence à l'école publique, ou encore les serments prononcés devant une divinité. En revanche, nous estimons que les programmes scolaires doivent refléter la dimension religieuse de la vie nationale, que la religion peut être enseignée et les chants religieux interprétés non pas comme une liturgie ou un catéchisme, mais comme un moyen d'apprentissage et d'expression

Nous craignons que le nationalisme ne se substitue à une perspective religieuse. Le recours aux cérémonies impliquant le drapeau et l'hymne national s'apparente à des pratiques religieuses. Les serments d'allégeance ne sont pas sans rappeler la récitation de confessions de foi. Il est inapproprié d'exiger des élèves ou des enseignants qu'ils participent à de tels rituels.

COOPÉRATION AVEC L'ÉTAT

Nous croyons qu'il est possible pour les instances religieuses et l'État de collaborer sans que la liberté religieuse ne soit compromise. Notre expérience en matière de réinstallation des réfugiés et d'aide humanitaire internationale confirme la valeur d'une telle coopération. Les bénéfices pour l'humanité tout entière peuvent être immenses lorsque cette coopération vise des objectifs communs et n'implique aucune ingérence de l'État dans les affaires des Églises ni aucun soutien financier à une instance religieuse particulière.

La coopération entre les instances étatiques et religieuses ne devrait pas impliquer de reconnaissance officielle ni conférer un statut particulier à une instance religieuse. Nous estimons inapproprié, par exemple, que notre gouvernement accorde une reconnaissance diplomatique officielle au Saint-Siège de l'Église catholique romaine.

LIBERTÉ DE TÉMOIN

Au cœur de notre foi se trouve la proclamation de l'Évangile. Il est essentiel qu'il existe une possibilité de déclarer ouvertement cet Évangile et que chacun ait la possibilité d'y répondre, de choisir ou de rejeter l'enseignement religieux présenté.

Notre tradition est prophétique, reliant notre foi à la politique publique. La liberté religieuse signifie la possibilité de s'exprimer publiquement sur un sujet de débat public sans crainte de représailles. La liberté de témoigner signifie pouvoir faire entendre sa voix avec force dans l'espace public et faire connaître ses convictions religieuses. Le témoignage public ne doit en aucun cas être une tentative d'exercer une autorité sur le processus politique.

Notre liberté religieuse est régulièrement menacée par la surveillance gouvernementale, l'infiltration de groupes religieux et les avertissements de perte d'exonération fiscale. Ces menaces surviennent lorsque des groupes religieux expriment leur opposition à une politique gouvernementale ou entreprennent des actions contre celle-ci. Notre église, comme beaucoup d'autres, a subi de telles menaces. Pour la santé de la vie religieuse et de la vie nationale, la liberté religieuse et la liberté de s'exprimer librement doivent être préservées. Nous reconnaissons que c'est en témoignant régulièrement et avec force de nos convictions que la liberté de témoigner ainsi est la mieux préservée.

RECOMMANDATIONS À L'ÉGLISE

Afin qu’il n’y ait « point d’exercice de la force en matière de religion », afin qu’il y ait une véritable liberté religieuse, nous croyons que l’Église des Frères devrait :

  1. Collaborer avec d'autres personnes partageant les mêmes préoccupations pour assurer et étendre la liberté religieuse ;
  2. Résistez à tous les actes coercitifs du gouvernement qui s’immisceraient dans les institutions religieuses ;
  3. Soyez informés et sensibles à l'expérience des minorités religieuses :
  4. Exercez votre liberté religieuse avec constance et diligence, par la proclamation de la Parole et par la défense de vos convictions dans l'espace public.

PLAIDOYER SUR LES QUESTIONS DE POLITIQUES PUBLIQUES

En signe de notre liberté religieuse, nous prenons position sur certaines questions d'actualité politique. Cette prise de position s'inscrit dans une tradition bien établie de notre Église.

Nous tenons d'abord à exprimer notre gratitude aux hautes instances internationales pour les mesures prises en vue de créer un climat international plus pacifique et moins belliqueux. Nous saluons tout particulièrement le Traité sur les forces nucléaires à portée intermédiaire (FNI), premier traité des États-Unis visant à réduire concrètement les armements nucléaires, l'ouverture d'un dialogue politique avec l'Organisation de libération de la Palestine et les premiers signes d'une nouvelle approche diplomatique des relations entre les États-Unis et l'Amérique centrale.

Nous devons accorder une attention accrue aux enfants, de plus en plus victimes de la pauvreté et d'autres formes de violence. Aux États-Unis, quelque 13 millions d'enfants vivent aujourd'hui dans la pauvreté. En tant que nation, nous devons nous attaquer aux problèmes de mortalité infantile, de garde d'enfants, de nutrition, de santé et de sans-abrisme. Les organismes de planification familiale ont récemment été victimes d'actes terroristes et de coupes budgétaires. Nous sommes convaincus que les services de planification familiale et les autres programmes qui améliorent la vie familiale ont besoin et méritent un soutien public et gouvernemental renforcé.

Nous soutenons les nouvelles mesures gouvernementales visant à fournir une aide alimentaire et un abri d'urgence aux sans-abri, ainsi que les politiques de logement qui permettront à chacun d'avoir accès à un logement abordable et décent.

Nous devons progresser vers une société désarmée. Il est urgent de prendre des mesures immédiates pour mieux encadrer la possession d'armes à feu. Nous pensons que des mesures réglementaires peuvent et doivent être prises dès maintenant concernant le type d'armes pouvant être fabriquées et vendues, ainsi que les conditions requises pour en posséder.

Notre responsabilité envers la création nous impose de répondre aux besoins d'un air pur, d'éliminer les déchets toxiques et dangereux, d'enrayer le réchauffement climatique (effet de serre) et la destruction de la couche d'ozone. Nous sommes convaincus que la qualité de l'air dépend des choix de vie de chacun et d'une législation adéquate, assortie d'une application rigoureuse, définissant des normes de contrôle de la pollution atmosphérique. Si nous devons tous adopter de nouvelles pratiques en matière de consommation, de recyclage et de gestion des déchets, nous pensons que les pouvoirs publics ont une responsabilité majeure à l'heure actuelle : renforcer et faire appliquer les normes relatives à l'élimination des déchets toxiques, notamment ceux issus des armes nucléaires et des centrales électriques. Nous soutenons les efforts internationaux et bilatéraux visant à mettre en œuvre des normes permettant de lutter contre les pluies acides, d'enrayer l'appauvrissement de la couche d'ozone et d'inverser le réchauffement de l'atmosphère.

Il nous faut porter notre attention sur les personnes les moins bien rémunérées. Le salaire minimum, après huit années de gel à 3,35 $ l'heure, doit être revalorisé.

Nous continuons de réclamer une législation sur l'asile des réfugiés qui retarderait l'expulsion des Salvadoriens et autres réfugiés jusqu'à ce qu'il soit établi que leur retour chez eux est sans danger.

Nous exigeons une politique étrangère menée dans le respect du droit et de la démocratie. Nous demandons au Président, à l'Administration et au Congrès de rendre des comptes publiquement et intégralement sur les questions restées sans réponse et sans investigation dans le scandale Iran-Contra. Nous estimons que les responsables gouvernementaux et les citoyens impliqués dans des activités violant l'amendement Roland, qui interdit toute aide aux Contras, doivent être traduits en justice.

Nous demandons à notre gouvernement d'entamer des négociations de bonne foi avec l'Union soviétique afin de réduire davantage le nombre d'ogives nucléaires actuellement déployées. Ces négociations devraient porter sur toutes les catégories d'armes, y compris les armes à courte portée et stratégiques, et prendre au sérieux l'objectif d'un monde exempt d'armes nucléaires. Dans cette optique, nous demandons également l'arrêt de tous les essais d'armes nucléaires, notamment par le biais d'un Traité d'interdiction complète des essais nucléaires et d'un moratoire mutuel sur les essais de missiles en vol. Nous soutenons les efforts visant à étendre les zones exemptes d'armes nucléaires dans le Pacifique et ailleurs.

Nous demandons un examen de l'aide étrangère accordée à notre pays afin d'en déterminer l'efficacité et la moralité. Quels sont les résultats d'une aide à la sécurité deux fois plus importante que l'aide au développement ? Dans quelle mesure les droits humains des bénéficiaires de l'aide étrangère sont-ils respectés ? Quelle forme d'aide est la plus bénéfique pour les populations des pays bénéficiaires ? Comment l'aide peut-elle être apportée dans le respect de l'autodétermination et de la dignité des bénéficiaires ?

Nous exhortons l'Administration et le Congrès à adopter une nouvelle politique pour l'Amérique centrale et les Caraïbes, une politique qui négocie dans le respect du droit à l'autodétermination des nations de la région et qui valorise le respect des droits humains. Nous soutenons la levée immédiate de l'embargo commercial imposé au Nicaragua et l'ouverture de négociations directes entre ce pays et les États-Unis. Nous appelons à la normalisation des relations entre Cuba et les États-Unis. Nous soutenons les mesures appropriées que notre gouvernement peut prendre pour encourager l'instauration d'un régime démocratique en Haïti.

Au Moyen-Orient, nous soutenons la fin de l'occupation de la Cisjordanie et de Gaza, ainsi que la conditionnalité de toute aide étrangère américaine à Israël à la fin de cette occupation. Nous pensons qu'une conférence internationale réunissant Israël et l'Organisation de libération de la Palestine, ainsi que d'autres acteurs régionaux et internationaux, pourrait contribuer à un règlement du conflit israélo-palestinien.

ACTION DE LA CONFÉRENCE ANNUELLE

Nous, membres de l'Église des Frères, réunis en Conférence annuelle à Orlando, en Floride, du 4 au 8 juillet 1989, proposons ce qui précède pour guider notre Église et pour défendre nos convictions, dans le cadre de notre témoignage et de l'exercice de notre liberté religieuse. Nous demandons aux responsables de cette Conférence annuelle de communiquer à l'Administration et au Congrès les positions de politique publique ainsi énoncées.

Décision du Conseil général, mars 1989 : Le Conseil général a voté pour que le document soit approuvé et transmis à la Conférence annuelle de 1989 par l’intermédiaire du Comité permanent, avec la recommandation que le document soit adopté par la Conférence annuelle.

Judy Mills Reimer, présidente ;
Donald E. Miller, secrétaire général

(Remarque : Le Conseil général prévoit de soumettre à la Conférence annuelle toutes les révisions de politique publique qui pourraient être jugées nécessaires à ce moment-là, en vue de leur inclusion dans la présente résolution.)

Décision de la Conférence annuelle de 1989 : Harold Bomberger, délégué du Comité permanent du district Atlantique Nord-Est, a présenté la recommandation du Comité permanent visant à ce que la Conférence annuelle de 1989 adopte la RÉSOLUTION SUR LA LIBERTÉ RELIGIEUSE. L’assemblée des délégués a adopté la recommandation du Comité permanent et a accepté la RÉSOLUTION SUR LA LIBERTÉ RELIGIEUSE, y compris un amendement proposé par le Conseil général et intégré au texte précédent.