1 Samuel 25:1–35
L'histoire fascinante de David, Abigaïl et Nabal se déroule au début de la vie de David. Rongé par une jalousie maladive, voire paranoïaque, le roi Saül a tenté à plusieurs reprises d'assassiner David. À cette époque, David a fui le roi et, en tant que fugitif, cherche à subvenir à ses besoins et à ceux de plusieurs centaines de fidèles. Ces derniers sont décrits dans 1 Samuel 22:2 comme des pauvres, des mécontents, des affligés et des endettés.
David est rusé. Tout en fuyant Saül, il cherche aussi à consolider le soutien de la tribu de Juda. Avec sa bande hétéroclite d'hommes, il parcourt les collines de Judée, protégeant la population des voleurs et des bêtes sauvages. Tel est le contexte.
L'histoire semble simple en apparence. David demande une compensation au riche Nabal pour avoir protégé son troupeau. Nabal refuse, insultant David. Furieux, David entreprend une quête de vengeance, jurant d'exterminer tous les hommes de l'entourage de Nabal.
À ce moment-là, Abigail, la femme de Nabal, intervient. Elle fournit à David les provisions qu'il a demandées et le persuade de renoncer à sa vengeance. Pour clore cette histoire, Nabal meurt et David épouse sa veuve, Abigail.
Dans ce récit, plusieurs éléments nous induisent en erreur. Premièrement, les histoires bibliques ne nous indiquent pas toujours d'emblée si une action est bonne ou mauvaise. Cependant, si l'on suit le récit biblique dans son ensemble, un épisode ultérieur apparaît souvent, pouvant être interprété comme un jugement porté sur l'histoire précédente.
De même, le fait qu'un personnage comme David soit parfois présenté comme un héros ne signifie pas qu'il soit parfait ou que ses motivations soient pures. David pouvait être vindicatif, impulsif et manipulateur, tout comme généreux, attentionné et plein de grâce. Ce récit ne nous dit pas explicitement si les actions de David sont justifiées.
Les commentateurs affirment souvent qu'Abigaïl a « sauvé » son mari de la colère de David. Nabal refuse de reconnaître à David le moindre droit à réparation. Abigaïl n'évoque ni la question de la réparation ni celle de la légitimité de la demande de David. Elle se contente de présenter ses excuses pour le comportement de son époux et d'évoquer les ravages que la vengeance causera à sa conscience. Le lecteur doit se demander si la motivation première d'Abigaïl est de sauver son mari de la colère de David ou de sauver David de lui-même. La vie de David, dit Abigaïl, est entre les mains de Dieu. S'il faut régler le sort des ennemis de David, il faut s'en remettre à Dieu et non à l'épée de David.
Bien sûr, les motivations d'Abigail ne se limitent peut-être pas à protéger David ou son époux. Elle manipule peut-être les événements pour servir ses propres intérêts. Elle conclut son discours par une requête étrange : que David, une fois sur le trône, se souvienne d'elle. Le résultat final ne sera peut-être pas entièrement à son goût, mais elle a atteint son objectif principal : éviter la guerre entre David et Nabal.
Cette histoire est particulièrement pertinente dans notre société polarisée. Pensez aux moments où vous avez eu besoin de la créativité et de la résilience d'Abigail. Comment pouvez-vous cultiver ces qualités dans votre propre vie et dans celle de vos élèves ?
Seigneur, je ne sais jamais quand j'aurai l'occasion de manifester ton amour et d'œuvrer pour la paix dans le monde. Aide-moi à discerner ces occasions et à les saisir cette semaine. Amen.
Cette étude biblique est tirée de Shine : Living in God's Light, le programme d'école du dimanche publié par Brethren Press et MennoMedia.

